#02 Haïti

Après la bataille

Port-au-Prince, le 23 mai 2017

 

         « Les fortes pluies de ces derniers jours ont inondé la ville de Cap Haïtien. Certains quartiers ont recueillis jusqu’à 80 cm d’eau. Malheureusement pour la curiosité et l’étrange enthousiasme que suscitent chez moi les catastrophes naturelles, je suis arrivée sur site après la bataille. L’eau s’écoule tranquillement vers la mer, laissant derrière elle un tapis de boue dans toute la ville et une odeur marécageuse invasive. Les camions amassent le plus gros de la terre en tas au niveau des carrefours et chacun balaye devant sa porte en attendant que de nouvelles pluies viennent laver la chaussée. Régulièrement soumise aux inondations par ruissellement pluviale, l’architecture de la baie est adaptée à ce risque. Les rez-de-chaussée ont été, dans le meilleur des cas, surélevé de quelques dizaines de centimètres. Dans d’autres cas, les portes d’entrée sont partiellement obstruées par 2 ou 3 rangées de blocs de ciment. A travers cette dernière solution, l’accessibilité des habitations est compromise, au profit d’une barrière de protection permanente. La mémoire du risque est donc présente : quotidiennement, on enjambe acrobatiquement les parpaings pour franchir les seuils de porte.
    

       Les habitants du Cap Haïtien déambulent dans les rues le regard vers le ciel, surveillant les nuages denses et les orages menaçants. Il ne serait pas surprenant que leurs parcours soient parfois interrompus par l’impact brutal d’un panneau de signalisation prévenant des potentiels tsunamis. Eh oui ! Le danger peut également venir de la mer dans la baie du Cap : Sounami, wap rantre nan zon danje, si gen gwo tranblemenntè, retire kow lanmè kouri monte pi wo. Vous rentrez dans une zone de danger, s’il y a un gros tremblement de terre, courez plus haut...Le Cap Haïtien n’a pas subi de plein fouet les deux dernières catastrophes majeures du pays mais la présence des risques est néanmoins visible dans la ville et dans le quotidien de ses habitants. Je suis persuadée d’ailleurs que vous les envier d’être les premiers témoins de ces aléas naturels capricieux. Je m’engage donc personnellement à être présente lors du prochain évènement climatique comme celui-ci pour vous le partager !  »

 

Lucie Biarnes

 

Lucie Biarnes
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