Sankhu, un an après le séisme de 2015

 

Suite à la série de séismes qui a frappé le Népal en avril 2015, nous sommes intervenus, en tant qu’étudiants de deuxième année du DSA Architecture & Risques Majeurs, à proximité de Katmandou par le biais d’Anie Joshi. Cette ancienne élève du DSA Architecture & Patrimoine, native du Népal, a effectué son mémoire de fin d’études sur l’analyse patrimoniale de la ville de Sankhu, située à l’est de la capitale népalaise. Le jour de son jury final, le séisme le plus dévastateur a eu lieu, faisant du travail minutieux qu’elle avait effectué sur place une source d’informations primordiales en vue de la reconstruction de cette ville. L’UNESCO a alors fait appel à ses connaissances afin de participer à la reconstruction de Sankhu, détruit à 60%.

 

Un an plus tard, l’ensemble de la Vallée de Katmandou est encore en phase de reconstruction. Les personnes dont les maisons ont été détruites vivent dans des abris, par peur des répliques ou bien parce que leurs maisons sont tout simplement inhabitables. Compte tenu de l'ampleur des dégâts et étant donné l’état économique du pays, la construction d’une nouvelle maison peut prendre plusieurs années. Les travaux passent d’abord par une phase de déblai du terrain accidenté. Mais face à l’importance de la catastrophe, cette action est rarement réalisée en amont. Dans certains cas, lorsque la gravité des dommages le permet, les travaux consistent à uniquement déblayer les parties les plus accidentées du domicile. 

 

 

Dans ce cas, qu'en est-il des maisons partiellement détruites ?

 

Les habitants concernés ne sont pas prioritaires. Leur cas ne sera traité que dans un second temps. Ces personnes, dans le besoin urgent de se loger, ont dû réorganiser les usages de leurs foyers avec les pièces restantes et sont amenées à vivre dans des conditions précaires, en exploitant des espaces qui pourraient s’effondrer à la moindre secousse.

 

Le processus de réhabilitation est considéré, à tort, comme cher et cette méthode reste peu connue au Népal. Au regard des pratiques locales, nous avons décidé de développer un plan guide pour le renforcement  des maisons traditionnelles népalaises. Ce processus, établit sur le long terme, comprend également l'amélioration des usages et des recommandations pour d’éventuelles extensions futures.

 

Établir un document de ce genre passe par le recensement des désordres observés et des potentielles raisons de ces derniers. Ainsi, un confortement peut être proposé tout en anticipant les modifications futures qui peuvent advenir dues à l’évolution des usages (extensions horizontales ou verticales, ouvertures, cloisons de séparations additionnelles). En effet, ces dernières sont souvent néfastes pour la structure globale et sa réaction face aux séismes, mais on ne peut empêcher l’habitant de vouloir améliorer son logis. Il nous a donc semblé essentiel de prendre ces paramètres en compte et de proposer les solutions les plus adaptées aux attentes des usages et la mise en œuvre qui engendrerait le moins de dégâts.

 

Sankhu fait partie de la Vallée de Katmandou et il n’est pas insensé de penser qu’un jour cette ville fera partie du Grand Katmandou. Effectivement, avec l'expansion incessante de la ville et de la croissance démographique, tout laisse à penser que Katmandou peut devenir une métropole. Les changements sont donc inévitables, l’amorce d'une réflexion sur la sécurité sismique globale et une approche flexible permettront aux changements futurs de ne pas affaiblir la maison, comme ce fut le cas dans de nombreuses maisons historiques tombées lors des séismes d’avril 2015.

S. Hanart, P. Pujole et C. Vilquin

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