Groupe du CEREMA au RAITP

Journées organisées par le CEREMA à Paris

 01-02.12.16

Retours d’expériences sur la reconstruction post-inondation pour une stratégie territoriale efficace

   Les 1er et 2 décembre 2016, deux membres des ARM ont participé à la journée technique et au séminaire de travail organisés par le CEREMA (Centre d'Etude et d'Expertise sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l'Aménagement) dans le cadre du programme de recherches RAITAP « Repenser l'Action préventive face au risque d'Inondation à une échelle Territoriale intégrant l'Action Post-inondation ». A terme, par le biais de comparaisons entre territoires nationaux et internationaux, le CEREMA mettra en lumière des outils pour anticiper la reconstruction territoriale post-inondation.

   De nombreux intervenants de domaines variés sont venus présenter leurs travaux et recherches sur la reconstruction post-inondation : historien du risque, élus, chercheurs, architecte de l’urgence, sociologue des risques, doctorants…

   Quel que soit le domaine, on peut observer une évolution dans l’appréhension du projet. La reconstruction devient une "fenêtre potentielle de développement pour le territoire ».

 

   La phase « post-inondation » étant encore peu anticipée, l'enjeu des collectivités locales est de développer des stratégies territoriales de développement sur le long terme, bien en amont du temps de crise.

 

   Le désir de retour rapide à la "normale"qui succède à une phase de crise constitue un enjeu majeur. La réponse au risque se traduit souvent par une reconstruction à l'identique, réitérant les dommages lors des catastrophes suivantes et accentuant les traumatismes et la crainte des habitants.

   En temps de crise, les acteurs de la ville s'associent et chacun improvise selon ses compétences et responsabilités. Connaître les acteurs locaux est donc primordial dans la gestion de la reconstruction pour la mise en place d'un projet territorial efficace.

 

   Qui doit porter la responsabilité de la reconstruction dans un tel contexte ? Un comité spécifique peut être mis en place si l’entité administrative régulière ne souhaite pas assurer une telle mission. Les mandats de court terme des élus sont effectivement un frein majeur à l’aboutissement d’actions au phasage complexe.

 

   Marc Villet, ingénieur à l’EIVP, mène des recherches sur la résilience des réseaux urbains. Les zones urbaines sont de plus en plus complexes et nécessitent une multitude de réseaux reliés. Un travail sur les diagnostics et les potentiels systèmes de micro-réseaux indépendants est en cours. L’objectif est de minimiser l’effet domino qui pourrait être engendré sur les réseaux dans un scénario de crise.

   Il semble essentiel d’intégrer les assureurs à la recherche de stratégie de reconstruction. Par exemple, débloquer une plus-value lors de l’investissement pour la mise en valeur des biens serait particulièrement bénéfique.

   Denis Cœur, historien du risque, assure un travail d'archivage afin de théoriser les différents processus de reconstruction post-crue. M. Cœur archive également les témoignages des habitants sinistrés. Le suivi psychologique des sinistrés et des équipes de secours est essentiel car le traumatisme post-crise peut avoir des conséquences pérennes et irréversibles.

   Maryse Carrère, maire de Lau-Balagnas et présidente du Syndicat Mixte du Pays de Lourdes et des vallées des Gaves, a présenté le réaménagement hydraulique réalisé sur son territoire suite à la crue du 18 juin 2013. Afin de construire en faveur de la résilience du territoire sans reconstruire à l'identique comme le prévoient les conditions d'indemnisations catastrophes naturelles, le comité de projet  utilise le terme de reconstruction à "fonctionnalité identique".

   

   Yves Justin, architecte à la Fondation des Architectes de l’Urgence, explique que les processus de projets humanitaires mis en place à l'étranger sont à l'échelle des rues, des îlots ou des quartiers. Malheureusement, cela ne peut être applicable en France en raison des intérêts divergents des propriétaires privés.  Les marges de manœuvre des architectes sont actuellement réduites à l'échelle de la parcelle et du projet individuel, il applique les Eurocodes dans la conception du bâtiment mais beaucoup de problématiques doivent se gérer à plus grande échelle. L'idéal serait d'intervenir aux échelles de l’îlot et du quartier, échelles par exemple auxquelles se font  la gestion des eaux pluviales, le drainage et la perméabilité des terrains.

   L’an prochain, le RAITAP rassemblera de nouveau les acteurs territoriaux et les universitaires afin d'échanger ensemble sur les problématiques de reconstruction post crue mais directement sur le terrain!  A l’année prochaine donc, même jour, même heure !

   Le CEREMA souhaite également organiser en 2017 un appel à idée adressé aux collectivités pour sélectionner un site concret concerné par les inondations afin de mettre en place un concours adressé aux architectes, urbanistes, paysagistes, étudiants etc... A suivre !

L. Biarnes & C. Coderch

Pour en savoir plus sur le projet RAITAP et sur le CEREMA:

http://www.est.cerema.fr/le-projet-raitap-r1563.html

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